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Маляви MALIAVINE Philippe Andreïèvitch (1869-1940) |
Le peintre Philippe Maliavine étudie dans les ateliers des monastères du Mont Athos où il y demeure comme moine novice pour étudier et travailler sur l'art des icônes. Il poursuit sa formation à l’Académie des Beaux Arts de Saint-Petersbourg sous la direction de Répine. Il se fait d’abord connaître comme peintre de paysage, puis il représente des scènes de la vie populaire russe, peuplées de babouchkas et de jeunes filles enjouées. Il appartient à la deuxième génération des « Peintres Ambulants » qui préfèrent décrire les gens simples et les scènes de la vie quotidienne russe plutôt que d'illustrer des sujets académiques. Il se fait connaître en occident par son tableau Éclat de rire qui est récompensé par une médaille d'or à l'Exposition universelle de 1900 à Paris. Il participe à plusieurs expositions en Russie comme à l'étranger, et acquiert une certaine notoriété.
Après le putsch bolchévik, il coopère quelque temps à la politique artistique du nouveau régime et enseigne dans les ateliers d'art de la ville de Kazan. Maliavine peut organiser deux expositions personnelles. Plusieurs de ses tableaux sont achetés par le nouveau gouvernement. Soutenu par Anatole Lounatcharsky qui est ministre de la culture et de l'éducation, il est autorisé à réaliser des portaits de hauts dignitaires du parti comme Lénine et Lounatcharsky lui-même.
En 1922 Maliavine participe une exposition d'art soviétique organisée à Berlin. À cette occasion, il donne une interview à un journal de la Russie en exil et ses déclarations sont considérées comme une provocation par le régime bolchévique. En effet, il décrit l'état de misère du peuple russe et dénonce la nouvelle politique artistique du régime qui impose l'art réaliste. Il n'est plus le bienvenu en Union soviétique et de ce fait, il ne reviendra plus dans son pays natal.
Avec sa famille, il s'installe alors à Paris où il est déjà connu. Il participe à plusieurs salons1. ll organise en 1924, sa première exposition personnelle à la galerie Charpentier à Paris2. Maliavine commence à prendre sa place dans la vie artistique française. Il est apprécié par la communauté russe en exil et des reproductions de ses œuvres ornent les couvertures du magazine La Russie illustrée. On compte dans ses relations des membres influents de la diaspora russe comme Chaliapine, Ivan Bounine, Kouprine,3 Pavel Milioukov, des membres des célèbres Ballets russes comme le danseur étoile Vaslav Nijinsky.
La crise économique des années 1930 ralentit le marché de l'art et Maliavine décide de s'installer à Nice. La vie y est moins chère qu'à Paris et le climat doux de la Côte d'Azur convient bien mieux à sa femme, Anna Karlovna qui était de santé fragile. Le couple s'installe avenue des Beaumettes non loin de la Promenade des Anglais et du Musée des Beaux-Arts. Ils habitent au château de la Tour construit au milieu du XIXe siècle dans un style néo-gothique. Maliavine y aménage un grand atelier où il présente trois expositions personnelles.4
Il organise également de nombreuses expositions à l'étranger. Au début de la deuxième guerre mondiale, Maliavine se trouve à Bruxelles pour raisons professionnelles. Les forces d'occupation le gardent tout d'abord prisonnier pour espionnage et finissent par le libérer. Il maîtrise mal la langue française et ceci explique son incarcération. Il repart pour Nice à pied. Il meurt d'épuisement peu de temps après son retour, le 23 décembre 1940.5
1 Levinson A. Les Russes au « Salon d'Automne » // Dernières actualités (Paris). 1923. 11 novembre ; "Revue de l'art ancien et moderne". 1924. T. XLV. N° 256. P.164
2 Exposition Philippe Maliavine. Paris, 1924 ; "Revue de l'art ancien et moderne" ; Alexandre A. Op. cit. P.267.
3 [Kuprin A.I.]. F.A. Malyavin // Journal russe (Paris). 1924. 18-20 novembre. (Nos 176-178)
4 "Le Vernissage Maliavine" // L'Eclaireur (Nice). 1937. 14 avril.
5 fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Maliavine
